La Tour Sombre (Stephen King)

Et encore un mastodonte de la littérature de l’imaginaire terminé.

C’est toujours étrange de finir une saga. Dans un sens, on est content que ça se termine mais en même temps, se dire qu’on ne passera plus des heures avec les personnages en question, ça ne laisse pas de marbre.

J’ai envie de vous causer de la Tour Sombre, puisque c’est d’elle qu’il s’agit. Mais comment vous parler de ce monument de la bibliographie de Stephen King? La question peut paraître bête comme ça, mais ce n’est pas si simple…

Aller, je vais quand même essayer.

Toute la difficulté de chroniquer un livre ou une série, c’est de donner envie et d’intriguer, sans pour autant tout dévoiler de l’histoire. Et vous pouvez me croire, c’est loin d’être évident !

Commençons d’un point de vue pratique voulez-vous?

La Tour Sombre est une série composée de sept tomes, entièrement traduite et disponible en poche, bref : facile à trouver. Les romans sont plus ou moins volumineux, mais tendent plus vers le pavé que la petite nouvelle où trois feuilles se battent en duel. C’est du lourd et ça représente beaucoup.
Stephen King la considère lui même comme sa grande oeuvre, la Jupiter de son système solaire pour reprendre ses termes. Il a d’ailleurs mis beaucoup de temps à la terminer.

Cette saga relate la quête d’un certain Roland Deschain, Pistolero de son état. Une sorte de chevalier des temps modernes pour simplifier.
Toute sa vie et sa destinée ne se résument qu’à une chose : trouver la Tour Sombre et la sauver. En effet, celle ci est menacée par de vilains méchants qui veulent la voir à terre et entraîner la destruction totale de l’existant. Y’en a qui ont de ces idées, je vous jure…
Au fur et à mesure de son aventure, il va faire de multiples rencontres, certaines étant cruciales lui permettant notamment de créer son ka-têt, la fine équipe indispensable à sa recherche.

L’univers dans lequel on est balancé est très complexe : à la fois similaire au notre, mais avec des différences notables. Par exemple, dans le premier roman c’est un peu comme si l’on plongeait dans une version de notre monde en version usée et poussiéreuse, où plus personne ne sait comment se servir de la technologie qui fut pourtant courante auparavant… Un peu comme si l’apocalypse était passé par la, laissant les survivants se débrouiller comme ils le peuvent.

J’ai d’ailleurs eu beaucoup de mal à rentrer dans cette saga. J’ai lu les trois premiers tomes et j’ai vite lâché l’affaire, n’y comprenant rien. Je n’y aurais pas retouché si on ne m’avait pas refilé les quatre premiers volumes. N’ayant rien à y perdre, j’ai replongé dedans.
Et la, les choses ont été beaucoup plus claires. ce qu’il faut avoir en tête pour bien comprendre le tout, c’est la notion du multi-univers. C’est la base même de la Tour Sombre : un monde clef et diverses mondes plus ou moins semblables à ce dernier, à des époques et styles variables.

Pour vous donner une idée, tout le long de la lecture, l’auteur nous ballote entre l’Amérique et l’Entre Deux Mondes, le plus drôle étant que les personnages des livres sont confrontés au même traitement et y perdent aussi leurs repères…

Pour ajouter à la complexité de la saga, la Tour Sombre fait de nombreuses références aux oeuvres de Stephen King. On va par exemple y retrouver le vénéneux magicien Flagg des Yeux du Dragon ou encore le père Callahan, tout droit sorti de Salem… Les clins d’oeil sont nombreux, accentuant l’aspect central de cette série dans la bibliographie de Stephen King.
A noter que dans les derniers livres, d’autres références plus contemporaines font leurs apparitions. La tout de suite, je penserais à Harry Potter.
Un personnage particulier fait son apparition dans les derniers tomes, renforçant ainsi le côté flou de la frontière qu’il peut exister entre l’imaginaire et le réel.

La lecture est toutefois aisée, grâce aux nombreux et courts chapitres qui découpent bien le récit, lui donnant une certaine structure.

Quant au genre, il est difficile de classer cette oeuvre dans un style bien précis, tant elle emprunte divers codes.
C’est à la fois un mélange du réel et de l’imaginaire. Ce n’est pas de la fantasy et pourtant on a la notion de quête, ce n’est pas de la science fiction pure non plus… Du fantastique peut être. Mais est-il vraiment nécessaire de vouloir la caser dans un genre… Une chose est sure, le tout se mélange bien pour nous donner une saga qui une fois commencée, ne nous lache pas d’une semelle. On se prête au jeu et nous aussi on veut atteindre la Tour avec Roland.

Au final, une oeuvre que tout fan de Stephen King a déjà dévoré (du moins je suppose), reste plus qu’à y entraîner les hésitants !

Je ne sais pas du tout ce que donne l’adaptation BD par contre, vous en pensez quoi ?

La Tour Sombre 
1 – Le Pistolero
2 – Les Trois Cartes
3 – Terres Perdues
4 – Magie et Cristal
5 – Les Loups de La Calla
6 – Le Chant de Susannah
7 – La Tour Sombre
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Chroniques précédentes : 
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7 réflexions au sujet de « La Tour Sombre (Stephen King) »

  1. Article très intéressant.

    Plusieurs personnes m’en ont déjà parlé, mais en tant que fan de fantasy, ce coté « inclassable » et moderne me fait un peu peur. J’aime les quêtes avec des créatures fantastiques, des épées, des batailles, un environnement moyen âgeux…

    Mais on parle tellement, que je vais être obligé, un jour, de m’y plonger pour pas mourir idiot.

    Mais la notion de multi-univers se retrouve dans certains romans plus « catalogués » fantasy. Je pense notamment à la trilogie de « A la croisée des mondes » ou les cycles des Princes d’Ambre de Zelazny (cycle de Corwyn, et le cylce de Merlin), avec un fonctionnement, et une logique différente (chez Zelazny, plus le monde est proche d’un monde central : Ambre, plus le monde est ressemblant. Alors que chez Pullman, c’est des mondes différents sans logique). Ces romans se rapprochent plus de quel titre?

  2. Je suis un peu comme toi, ce que j’aime dans la fantasy, c’est tout ce côté magique et grandioses, l’aspect épique des combats, de la bonne boucherie à la hache de guerre… 

    La Tour Sombre ne reprend pas ces codes, loin de la. On a bien la notion de quête, mais c’est tout. 
    Des cycles que tu as cité, je n’ai pour l’instant lu que ceux de Zelazny (de la pure tuerie selon mon humble avis). Ils ne sont pas vraiment comparables.

    Je me rend compte que la Tour Sombre est vraiment à part, mais s’oriente plus vers un aspect fantastique de notre monde actuel (ou du monde actuel passé l’apocalypse selon l’univers sur lequel se situe l’action). 
    C’est clair que c’est un sacré morceau à lire, on peut pas s’y engager à la légère si je peux dire. Après, ça reste du Stephen King, donc t’as une certaine « assurance » de ce côté !

  3. Bon, cela faisait longtemps que je comptais lire ses bouquins. Mon fiancé m’a donc offert les deux premiers tomes…
    Et une question me taraude, plus ca va plus c’est gore ou pas? Non parce que je viens d’abandonner le tome deux car mon estomac n’a pas supporté la scene avec Eddie dans le bureau de Balazar. Je veux bien etre une chochotte, ca ouais, mais quand meme niveau gore… @_@ » Je m’attendais pas a lire ca.
    Ma question est donc la suivante : dois je arreter de suite pour la santé de mon pauvre estomac ou puis je continuer sans trop de risques ? XD

  4. @ serafina : C’est marrant ce que tu dis, car niveau gore j’ai souvent du mal aussi avec les descriptions trop crues, mais là ça ne m’a pas particulièrement marquée… XD
    Je vois donc pas trop comment te répondre, si ce n’est que je n’ai pas trouvée de scène particulièrement crade dans les sept livres (donc à priori pas pire que celle que tu décris), et compte tenu de la densité de la Tour Sombre, il n’y a au final que peu de scènes de ce type. Il y en a d’autres, mais ça reste largement raisonnable… 

  5. Aïle Pistolero.
    J’aime beaucoup ton article. Très bien fait.
    Personnellement, j’avais peur du résultat moi aussi (d’autant plus que la seule personne qui m’en avait parlé m’avait dit: « c’est pas mal »). Mais depuis que j’ai commencé les livres, la tour sombre me hantent, littéralement. Même après avoir refermé le septième volume, je suis restée dans le monde de Roland, un monde où j’ai passé de nombreuses heures de lectures absolument magnifiques.
    Cependant, le n°1 est assez… étrange. Peu lié, assez complexe surtout, mais fascinant tout de même. On essaie de comprendre ce monde, et surtout ce pistolero, cet homme aux yeux de bombardiers, capable de tout pour accomplir sa quête.
    Mais à partir du deux, on se laisse simplement emporter par le flot de l’histoire, et le trois est, d’après moi, un des meilleurs volumes de la série.
    Sincèrement, lancez-vous dans cette saga, parce qu’elle est merveilleuse.
    @Serafina: Lis-le et ne te laisse pas faire par ton estomac x’D. ça en vaut la peine. Mais plus sérieusement, comme l’a dit Céline il n’y a que très peu de scène « gore » (je ne l’avais pas trouvé particulièrement gore cette scène, mais bon en essayant de prendre ton point de vue, je n’en vois que peu).

  6. @ Claire : merci beaucoup, ça fait plaisir !! 
    Très chouette commentaire, très instructif ! J’ai l’impression que pas mal de monde a eu quelques difficultés à commencer cette série. Même Stephen King lui même, c’est dire ! XD
    Mais, une fois qu’on est dedans, on en sort plus … ^^

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