Rituel (Mo Hayder)

De Mo Hayder, j’ai déjà lu Pig Island et Tokyo. Si le premier ne m’avait pas convaincu en me laissant dubitative et sur ma faim, le second en revanche m’avait enchantée. C’est donc avec un sentiment partagé que j’ai ouvert Rituel, allait-il définitivement me concilier avec l’auteur ou totalement l’inverse?

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Réponse !

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Les fonds vaseux du port de Bristol révèlent parfois de lugubres trésors. La prise du sergent « Flea » Marley, chef-plongeuse de la police locale, aurait de quoi étonner le pêcheur le plus averti. Cette main, tranchée net, n’est assurément pas le vestige d’un noyé…

Récemment muté de Londres, le commissaire Jack Caffery ne sait quoi en penser. Il n’y pense d’ailleurs qu’à regret, trop occupé qu’il est à traquer ses vieux démons. Confusément, il partage avec Flea, obsédée elle aussi par un deuil impossible, une entêtante fascination pour la mort. Tous deux contemplent le fond, avec l’envie d’y sombrer. À jamais. Il n’y a guère que cette main pour les en empêcher. Cette main et ce souffle de magie noire, imprégné de superstitions africaines, qui semblent saisir d’effroi la paisible ville de Bristol…

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A première vue, l’ouvrage présente toutes les caractéristiques d’un thriller classique : on retrouve des éléments laissant présager une scène de crime pour mieux plonger dans une situation s’avérant bien plus complexe et tordue qu’on ne peut l’imaginer.

Un peu à l’image de Tokyo, Mo Hayder va nous présenter deux personnages singuliers, chacun abritant ses propres démons et son propre passé lourd à porter. On va suivre leurs destins croisés en parallèle à la trame principale du roman, qui en deviendrait presque secondaire pour le coup. Sauf que la magie n’opère pas. Là où Tokyo nous emmenait dans les méandres de l’histoire, à la rencontre d’une toute autre culture emprunte d’une certaine poésie, Rituel nous présentes des éléments plus qu’intéressants mais qui ne seront pas franchement bien exploités…

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L’intrigue principale s’avère décevante alors qu’il y a pourtant matière à creuser, mais elle retombe comme un soufflé lors des toutes dernières pages. Au point qu’on a presque envie de se dire « mais pourquoi avoir mis tout cet arsenal en place? », c’est dommage car la thématique des rituels et autres moeurs africains aurait pu être utilisée de façon plus fine. En gros on s’attend à quelque chose d’original et on se retrouve avec du classique.

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Quant aux personnages principaux, je reste assez dubitative. On nous les présente brièvement mais tout en nous faisant bien comprendre qu’ils trainent tous les deux un lourd fardeau à porter. A tel point que la plupart du roman évoque leur passé plus que leur présent. Et pourtant j’ai eu ce sentiment que Mo Hayder survolait ces événements plus qu’autre chose.

C’est la toute la faiblesse du livre à mes yeux, l’auteur s’embarque dans plusieurs trames mais n’en privilégie aucune, donnant cette impression d’à peine effleurer la surface des choses.

Le style est simple, les chapitres courts et le tout se lit très rapidement.

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Pas un mauvais roman en soit mais bien loin d’être le thriller du siècle. A noter que Mo Hayder a donné suite aux aventures de Flea Marley et Jack Caffery dans Skin, que je lirais surement rien que pour voir comment sont traités les deux héros et si leurs personnages s’avèrent plus creusés.  (après petite recherche, le personnage de Caffery a déjà été exploité auparavant, j’ai peut être loupé un truc du coup…^^)

Toujours pas convaincue par Mo Hayder donc, même si je persiste à lui laisser sa chance !

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