World War Z (Max Brooks)

Dans la famille Brooks, je connaissais déjà le père mais pas encore le fils. Si le premier n’a plus rien à prouver dans le domaine du cinéma, le second est en train de se faire une belle place au soleil dans celui de la littérature. En effet, qui n’a actuellement pas entendu parler du fameux World War Z ? D’autant que le monsieur en rajoute une couche avec son Guide de survie en territoire zombie…

world war z

J’ai les deux opus en ma possession mais la chronique du jour portera sur le premier uniquement, le temps que je lise le deuxième… 🙂

*

La guerre des zombies a eu lieu, et elle a failli éradiquer l’ensemble de l’humanité.

L’auteur, en mission pour l’ONU – ou ce qu’il en reste – et poussé par l’urgence de préserver les témoignages directs des survivants de ces années apocalyptiques, a voyagé dans le monde entier pour les rencontrer, des cités en ruine qui jadis abritaient des millions d’ames jusqu’aux coins les plus inhospitaliers de la planète. Il a recueilli les paroles d’hommes, de femmes, parfois d’enfants, ayant dû faire face à l’horreur ultime. Jamais auparavant nous n’avions eu accès à un document de première main aussi saisissant sur la réalité de l’existence – de la survivance – humaine au cours de ces années maudites.

Depuis le désormais tristement célèbre village de Nouveau-Dachang, en Chine, là où l’épidémie à débuté avec un patient zéro de douze ans, jusqu’aux forêts du Nord dans lesquelles – à quels prix ! – nombre d’entre nous ont trouvé refuge, en passant par les Etats-Unis d’Afrique du Sud où a été élaboré l’odieux plan Redecker qui finirait pourtant par sauver l’humanité, cette chronique des années de guerre reflète sans faux-semblants la réalité de l’épidémie.

Prendre connaissance de ces comptes rendus parfois à la limite du supportable demandera un certain courage au lecteur. Mais l’effort en vaut la peine, car rien ne dit que la Zème guerre mondiale sera la dernière.

Un quatrième de couverture très dense et riche en informations, et qui pourtant laisse la part belle à la découverte de cet ouvrage détonnant au lecteur. On est prévenu du contenu mais on garde quand même toute la surprise de l’horreur de la situation.

En huit parties, l’auteur retrace tout le déroulement de l’épidémie allant de la découverte du virus à la reconquête de la planète, en passant bien sûr par la quasi éradication de l’espèce humaine. Les témoignages sont admirablement ficelés, la diversité des personnages présentés et des situations rencontrées est remarquable. Et c’est je crois ce qui fait toute la force de ce roman : plutôt que de présenter les événements de façon classique à travers un point de vue unique, on voit les choses sous toutes les facettes possibles selon la sensibilité et les cas de figures vécus par les survivants, que ça soit des échecs cuisants ou de brillantes réussites. On ne peut s’empêcher de se projeter soit même dans ce monde d’horreur, en se demandant ce qu’on aurait fait et comment on aurait réagi à un tel scénario…

En tout cas, les zombies ont la part belle en ce moment, et ce n’est pas pour me déplaire… 🙂

 *

Avec World War Z, Max Brooks fourni ici un magnifique travail, on s’y croit tout simplement. Si une telle catastrophe devait se produire, cet ouvrage pourrait passer de la fiction à une malheureuse réalité dans les événements relatés sont d’une douloureuse crédibilité. Magistral.

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2 réflexions au sujet de « World War Z (Max Brooks) »

  1. Je voulais le lire avant d’éventuellement aller le film qui sort prochainement, mais comme il n’aura plus grand chose à voir avec le roman, ce n’est pas si grave…
    Je ne suis pas un fan de zombies à la base, mais pourtant la construction de ce roman (mais peut-on parler de roman ? On est presque dans le compte-rendu documentaire, non ?) le rend intéressant à mes yeux.
    Donc je le lirai. Un jour.^^

    1. Je viens de lire le résumé du film et effectivement, je vois pas trop comment ils pourraient faire pour coller au bouquin… ^^ je pourrais en dire plus en juillet ! 🙂
      Je te rejoins totalement sur le côté « documentaire » plus que roman. D’ailleurs, un peu comme Walking Dead, les zombies sont ici un prétexte, une cause à une crise d’une ampleur jamais égalée ! C’est tout l’intérêt de ce texte d’ailleurs, qui tranche complètement de l’univers des zombies qu’on connait habituellement. C’est très bien fichu, et ça fait réfléchir sur les conséquences que pourraient avoir une pandémie « classique » sur notre monde actuel, notamment en terme de propagation et de gestion du mal !

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