La trilogie de Wielstatd (Pierre Pevel)

J’ai pu découvrir Pierre Pevel l’an passé, suite à ma lecture des Enchantements d’Ambremer qui m’avait emmenée dans une ballade loufoque à travers un Paris d’une autre époque, regorgeant de mystères et de surprises. Une première bonne impression donc, qui m’a incité à renouer avec l’auteur ! On reste dans l’uchronie, et c’est la Trilogie de Wielstatd qui se charge de cette tâche, présentée ici sous forme d’intégrale à prix très raisonnable chez Pocket.

La Trilogie de Wielstadt

Cette édition comprend donc les trois tomes de cette aventure (logiiiiiiiiiiiiique), qui sont les suivants : les ombres de Wielstad, les masques de Wielstadt et le chevalier de Wielstadt. Chaque épisode nous conte une histoire indépendante, mais il convient toutefois de les lire dans l’ordre pour suivre la progression du chevalier Kantz comme il se doit !

Cette trilogie nous emmène à la découverte de Wielstadt, cité allemande imaginaire prenant racines sur les bords du Rhin. Une cité médiévale qui prend immédiatement son lecteur aux tripes : le faste y côtoie les ruelles puantes, la noblesse y croise brigands et autres racailles pendant que le gros de la populace tente tant bien que mal d’y survivre. Une ville qui est un personnage à part entière dans cette série, une entité qui pulse au rythme des saisons, grelottant sous l’hiver glacial et le froid mordant ou suintant de toutes ses pores dans la chaleur écrasante d’un été étouffant. On l’imagine très bien en cousine de Wastburg ! Le style fluide et tout en douceur de Pierre Pevel fait donc mouche, sans avoir besoin de descriptions interminables, j’ai pu me projeter sans trop de peine dans ces petites ruelles surchauffées et crasseuses (tient, un peu comme le RER parfois, qui fût mon principal lieu de lecture). L’autre particularité de Wielstadt vient en effet de sa population : les créatures enchanteresses telles que faunes ou centaures y sont légions ! Mais en conservant toutefois une certaine discrétion : point d’étalage de pouvoirs à tout va, chacun tient son rôle sans que ça fuse de partout tel un feu d’artifice. Sans pour autant oublier le dragon, pièce maitresse et pourtant silencieuse, qui veille jalousement sur sa propriété !

L’auteur reprend le même type de construction pour les trois tomes, une intrigue mêlant habilement thriller ésotérique et « enquête policière » d’époque, menée d’une main de fer par le personnage principal : le mystérieux chevalier Kantz, doté de pouvoirs très particuliers. Un chevalier sombre et que l’on devine aisément torturé par de douloureux évènements passés, qu’on trouverait totalement à sa place du côté de Westeros ou dans les rangs de la Compagnie Noire, et nous laissera entrevoir petit à petit ses secrets jusqu’à cette étonnante révélation finale… Le style d’écriture joue encore une fois beaucoup dans la qualité de la narration, avec cette capacité à décrire les pires atrocités avec ce même ton subtil et fluide, sans avoir besoin d’en rajouter des caisses pour faire ressentir au lecteur toute l’horreur d’une situation diabolique… Un exercice pas des plus évidents, et réussi ici avec brio ! Le déroulement du récit est bien mené, d’un schéma classique certes, mais efficace : de nombreux rebondissements viennent donner du peps à l’ensemble, Pierre Pevel menant habilement histoire du moment et fil rouge plus général.

Toutefois, cette trilogie n’est pas sans reproches ! Les personnages secondaires restent selon moi un peu trop en retrait,  sans être développés à leur juste valeur alors qu’ils sont d’une importance parfois capitale pour le récit. Quant à la touche fantastique, elle est présente mais finalement trop peu utilisée ! Certains protagonistes apparaissent pourtant dès le début du premier tome, laissant ainsi planer la possibilité d’avoir un rôle crucial à un moment particulièrement tendu et finalement pas tellement. Sans vouloir tomber dans les méandres boueux de la fantasy classique, je trouve dommage qu’on nous présente des créatures hors du commun pour les laisser cantonner à un rôle qu’un être humain « basique » aurait pu assurer. Ces « défauts » restent toutefois mineurs, révélant plus cette petite frustration que j’ai pu ressentir à la lecture vis à vis de certains points particuliers !

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Pierre Pevel nous livre donc une trilogie de très bonne qualité, nous offrant ainsi une visite très plaisante de notre « histoire » sous forme d’uchronie. Surement pas ma dernière lecture du monsieur, reste à voir quelle sera la prochaine !

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4 réflexions au sujet de « La trilogie de Wielstatd (Pierre Pevel) »

    1. Je comprends ! Si je dois « classer » mes lectures, je préfère quand même Ambremer je pense… J’en lirais surement d’autres, mais pas tout de suite : j’ai peur que ses autres séries (genre là, en exemple : les lames du Cardinal) ne soient un peu trop du même schéma que cette trilogie et donc, que ça devienne un peu lassant si lus trop rapidement après !

    1. On a tous nos petits chouchous ! J’espère vraiment que la suite des Enchantements d’Ambremer sera de nouveau publiée un jour, je l’ai bcp aimé celui là aussi !

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